ULB: Envahissement du Conseil facultaire de philo & lettresEcrit par: Ramzam - le 23-04-2010 - 408 visites
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Ce jeudi 22 avril 2010 à l’ULB (Université Libre de Bruxelles), 140 étudiants mécontents de la Faculté de Philosophie et Lettres ont envahi leur Conseil Facultaire (organe décisionnel pour les questions relatives à la Faculté) pour protester contre la réforme des programmes qui vient d’être acceptée au Conseil d’Administration de l’ULB.
Pourquoi ?
Le lundi 19 avril 2010 était approuvé par le CA de l’ULB, moyennant de vives oppositions étudiantes, la réforme des programmes de master. Le mois précédent, c’est le programme de Bachelor qui était approuvé. Selon les autorités de la Faculté, cette décision arrive après plus d’un an et demi de discussions au niveau facultaire. La faculté aurait en fait voulu rénover ces programmes sous un angle pédagogique.
Mais qu’est-ce qui choque donc les étudiants présents ?
Le Bureau des Etudiants Administrateurs (la délégation étudiante de l’ULB) a organisé ce rassemblement pour protester contre la logique de la réforme mais également contre ses effets concrets. En effet, près de 400 cours sur les 1100 cours qui sont aujourd’hui encore dispensé dans la Faculté de Philo&Lettres vont être supprimés à la rentrée prochaine (septembre 2010).
D’où vient cette décision ?
En avril 2008, contre l’avis des étudiants élus au Conseil d’Administration, le recteur de l’ULB Philippe Vincke avait fait adopté son plan stratégique pour les cinq ans à venir (appelé ultérieurement Plan Stratégique du Recteur). Celui-ci, sous ses dix axes stratégiques, prévoyait une vaste réforme de l’offre de cours. Parlons plutôt d’une réduction drastique de l’offre des cours. Sur les 5000 cours données à l’université, le recteur en aurait bien supprimé la moitié. En Philo&Lettres, c’est plus de 35% des cours qui passent à la trappe !
Quelle logique cette décision révèle ?
La logique sous-jacente à cette réduction de l’offre de cours est double.
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D’un côté, l’université est sous–financée et manque de moyens des pouvoirs publics. Cela est incontestable et le mot d’ordre du refinancement (à hauteur minimum de 7% du PIB) est depuis longtemps bien plus souvent relayé dans la presse par les délégués étudiants que par les recteurs et leurs doyens.
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Mais de l’autre côté, dans cette gestion de la misère, l’équipe du recteur choisit de vouloir se positionner dans les meilleures positions au niveau international et donc de rationaliser son offre de cours en sucrant les filières non–rentable. Dont la philosophie… Il faut réduire l’offre de cours pour permettre aux professeurs de davantage exercé leurs activités de recherche, permettant par là même de remonter dans les rankings des universités.
Une contrainte ou un choix politique ?
Si le gouvernement avait coupé dans les budgets des universités, nous aurions pu comprendre la contrainte pour les facultés de dispenser moins de cours car elles auraient moins d’argent. Or, ici l’université garde le même budget, ce qui lui permet donc de continuer à dispenser les mêmes cours. Le problème est donc que les autorités de l’ULB choisissent de rationaliser les cours dans certaines filières pour mieux se placer dans la compétition internationale grâce à leurs secteurs rentables. Le dogme de la diminution de l’offre des cours n’est pas une contrainte, c’est un choix politique.
Mais c’est quoi concrètement cette réforme en Philo&Lettres ?
En Philosophie et Lettres, la faculté a décidé de supprimer 400 cours. Ce faisant, elle a surtout baissé la qualité de bon nombre de formations. En effet, de multiples cours à options ont disparu des programmes. Les troncs communs aux différentes filières amènent à donner des cours d’histoire recouvrant 4000 ans. Au lieu d’un cours d’histoire de l’antiquité, le cours recouvrira la période allant de -2000 à nos jours.
La réforme consacre également la mort des langues mortes à l’université. Si l’on se développe sur le marché international avec le développement du chinois, les langues anciennes, ô combien nécessaires à l’étude de l’archéologie, de l’histoire,… disparaissent sous les feux de la sacro-sainte rentabilité.
Après cette logique de rentabilité, est également consacré l’employabilité comme objectif au diplôme. La première préoccupation d’un étudiant en Philo&Lettres est-elle vraiment son employabilité ?
Y a-t-il des dégâts collatéraux pour les étudiants ?
Pratiquement, la réforme a été mal orchestrée. Des étudiants ayant choisis l’ULB sur base d’un programme pédagogique riche se demande aujourd’hui s’ils doivent continuer leur formation. Pour ceux-ci, les programmes de BA2 et de BA3 qu’ils devront affrontés dans les années à venir sont complètement différents de ceux qui les ont convaincus de choisir l’ULB.
La pédagogie des formations et leur qualité trinquent un grand coup face à la réforme de programme en cours. Ne parlons même pas de nombreux cas individuels où les étudiants perdent leurs dispenses pour l’année qu’il vienne de rater, l’option qu’il leur faut pour le sujet de leur mémoire,…
Tout a déjà été décidé, non ?
Pour le doyen de la faculté, la réforme est déjà emballée et pesée. Elle a été discuté dans la faculté pendant un an et demi et ne peut donc plus être arrêté. Signalons au passage que le gros de la réforme est passé alors que les étudiants n’avaient pas encore élu leurs représentants dans les instances de décisions.
Par ailleurs, la nouvelle forme que prendra le Conseil de l’Enseignement de la faculté (responsable donc des aspects pédagogiques, des cours,…) ne serait composé que d’un étudiant sur dix-sept membre, alors que le décret participation des étudiants édicté en 2004 prévoit 20% d’étudiants dans chaque organe d’avis et décisionnel des université.
Que veut la délégation étudiante?
A l’heure actuelle, la délégation étudiante veut instaurer un dialogue avec la faculté. Mais celle-ci lui répond être ouvert au dialogue mais sans volonté de toucher la réforme ni même de l’aménager substantiellement
Le doyen veut bien régler les problèmes au cas par cas des étudiants concernés. A la limite, il veut bien combler certaines lacunes de la réforme en recréant certains cours.Mais à aucun moment n’est ouvert un dialogue sur une réforme qui satisfasse pédagogie et qualité pour le plus grand nombre.
Les autorités de la faculté ne veulent pas entendre parler d’un moratoire d’un an sur la réforme, permettant une vraie consultation étudiante et une vraie réflexion pédagogique sur l’offre de cours.
Lutte à suivre...
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écrit par mart
le 24-04-2010 à 14:06
| oui mais non
j'en pense que c'est bien de geuler contre les reformes mais faut pas les laisser passer avant.
petite précision : le bea soutient le rassemblement mais n'était pas demandeur à la base.
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écrit par Ram
le 26-04-2010 à 14:03
| Ah bon?
Qu'est-ce qui te fait dire que le BEA n'était pas demandeur à la base. C'est le BEA qui a organisé le rassemblement et qui organise la suite.
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écrit par potachou
le 24-04-2010 à 22:00
| commentaire général
Je pense qu'une fois de plus, on tente de niveler par le bas l'enseignement afin de produire des employés pour faire tourner le secteur économique et qui soient surtout des petits moutons au lieu de donner une formation qui permette de développer le sens critique, l'autonomie et la conscience des gens pour donner des citoyens qui pourrons améliorer le monde dans lequel nous vivons. Néanmoins, j'ai confiance en l'avenir, nous trouverons une autre voie pour développer cette conscience d'une façon ou d'une autre. Bonne continuation à vous.
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