Des F-16 belges en route pour la guerre
Pieter De
Crem met le doigt dans l'engrenage de la guerre
De Crem, le ministre de la Défense, veut renforcer la présence
militaire belge en Afghanistan et faire participer de façon effective
nos « p’tits gars » aux opérations de combat.
Pol De Vos
06-02-2008
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Troupes
belges stationnées en Afghanistan. Aujourd'hui, le nouveau ministre de
la Défense, Pieter De Crem, veut également envoyer des troupes dans le
dangereux Sud du pays. Une réponse à la demande américaine déjà
repoussée par l'Allemagne, la France, l'Italie et la Turquie. ( Photo
www.nato.int)
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Pour l’instant, 368 soldats belges
sont opérationnels en Afghanistan, surtout pour assurer la sécurité de
l’aéroport de Kaboul. L’un dans l’autre, un boulot peinard. Mais, sous
la pression des USA et des autres pays de l’OTAN, De Crem a désormais
décidé d’envoyer des F-16 belges dans les zones de conflit de la
province afghane d’Uruzgan, où ils doivent assurer un appui aérien aux
1 665 combattants hollandais qui s’y trouvent déjà.
Ceux-ci y sont prétendument là
pour aider à la reconstruction. En fait, ils sont constamment impliqués
dans de lourds combats contre les Talibans et autres rebelles. Le 12
janvier, un soldat de 20 ans et un caporal de 22 ans ont encore perdu
la vie au cours d’un long échange de tirs à Deh Rawod. On en est
actuellement à 14 tués chez les Hollandais1, sur
un total de 710 militaires étrangers, et 8.600 victimes afghanes. Le
nombre de victimes civiles avoisine les 3 500. Dimanche
dernier, une dizaine d’habitants ont encore perdu la vie au cours d’un
bombardement de l’OTAN.
Le mouvement hollandais pour la
paix qualifie d’entièrement irresponsable la « mission
Uruzgan ». Une mission impossible qui ne se justifie ni à
l’égard des militaires hollandais ou de la population afghane. Mais le
gouvernement réfute systématiquement tous les rapports montrant l’échec
de la mission de l’ISAF et l’insécurité croissante en Afghanistan.
De son côté, le mouvement belge
pour la paix s’oppose depuis pas mal d’années déjà à toute
participation à l’occupation de l’Afghanistan. Si nous considérons les
trois grandes interventions militaires de ces dernières années
(Yougoslavie-Kosovo, Afghanistan et Irak), il s’avère qu’il y a plus
que lieu d’être méfiant à l’égard de ce genre de
« solutions » par la force. Sans solution politique
sur le terrain, une intervention militaire ne fait qu’accroître encore
le risque de faire souffrir des civils.
De
Crem attelle la Belgique à la charrette américaine
Voici vingt ans que les USA
manoeuvrent et complotent en Afghanistan. Ils ont commencé par armer
les milices fondamentalistes contre l’URSS. Ensuite, ils ont soutenu
les Talibans, malgré les protestations véhémentes des organisations des
droits de l’homme. Les intérêts de l’Unocal, une multinationale
pétrolière, ont joué un rôle crucial. Celle-ci avait même invité les
Talibans pour un séjour princier au Texas.
Quand les Talibans ne sont plus
parvenus à stabiliser le pays en pleine scission, les USA ont changé
leur fusil d’épaule. Les attentats du 11 septembre ont été l’occasion
rêvée d’entamer une guerre qui avait était décidée bien longtemps
auparavant.
Les USA aimeraient également
utiliser l’Afghanistan comme base de leurs éventuelles actions contre
les pays voisins, la Russie, l’Iran et la Chine. La guerre en Irak leur
a permis d’installer des bases dans le Golfe persique et celle en
Yougoslavie de prendre pied en Bosnie, au Kosovo et en Macédoine.
Maintenant, ils espèrent également s’incruster en Géorgie, en
Azerbaïdjan, au Turkménistan et en Ouzbékistan.
Mais les USA et l’OTAN ont de
plus en plus de mal à maintenir cette stratégie. Vu l’absence
d’alternative, ils n’ont qu’une seule
« solution » : continuer encore un peu plus.
1
De Standaard, 13 janvier 2008.
Info
Le 23 février, au Markten à Bruxelles
(Vieux Marché aux Grains 5) aura
lieu la quatrième conférence pour la paix. Le thème de cette
année : « Les interventions : militaires et
humanitaires ? » Il s’ensuivra la présentation de
l’ouvrage du Professeur Jean Bricmont : « Les
intervention humanitaires ou les droits de l’homme comme prétextes à la
guerre. »
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